Stellantis retrouve le profit mais affronte des blocages douaniers en Amérique du Nord
Le groupe automobile Stellantis a renoué avec les bénéfices au deuxième trimestre 2026 grâce aux ventes de sa marque de camionnettes Ram. Cependant, les tensions douanières entre les États-Unis et le Canada menacent le site industriel de Brampton, compliquant la stratégie de redressement du constructeur.
Fil « Stellantis rencontre des difficultés en Amérique du Nord »

Le constructeur automobile Stellantis montre des signes concrets de redressement opérationnel, mais se heurte à des obstacles réglementaires et sociaux majeurs en Amérique du Nord. Le groupe a enregistré un retour aux profits au deuxième trimestre 2026, principalement soutenu par la dynamique de sa marque de camionnettes Ram, avant que l'annonce d'une possible fermeture d'usine au Canada ne vienne raviver les inquiétudes des marchés.
Un retour aux bénéfices porté par le marché américain
Au deuxième trimestre 2026, Stellantis a publié un bénéfice net de 293 millions d'euros, marquant un net redressement par rapport à la perte de 1,87 milliard d'euros essuyée un an plus tôt. Le résultat opérationnel ajusté (la rentabilité générée par l'activité récurrente de l'entreprise, hors charges exceptionnelles) a plus que triplé pour s'établir à 773 millions d'euros.
En Amérique du Nord, zone géographique la plus surveillée par les investisseurs, le groupe a vu sa part de marché passer de 7 % à 7,4 %. Cette progression s'explique notamment par :
- La hausse de 6 % des ventes de la marque Ram sur un an, qui signe son quatrième trimestre consécutif de croissance ;
- La réintroduction du moteur V8 Hemi et le lancement de versions sportives à fortes marges ;
- La commercialisation du Ram 1500 TRX SRT affiché à 102 590 dollars, suivi prochainement par une variante Rumble Bee au tarif supérieur à 60 000 dollars.
Ces déclinaisons sportives SRT génèrent des marges (le pourcentage du chiffre d'affaires conservé après déduction des coûts de fabrication) deux à trois fois supérieures à celles des véhicules standard. Stellantis vise ainsi une marge opérationnelle régionale comprise entre 8 % et 10 % d'ici cinq ans.
La sanction des marchés et l'impact des tarifs douaniers
Malgré ces résultats financiers en hausse, Wall Street a accueilli la publication avec fraîcheur. Le résultat opérationnel ajusté est resté inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 914 millions d'euros, provoquant une chute temporaire du titre de près de 10 %. La valorisation actuelle reflète cette prudence :
- Le PER futur (forward P/E, c'est-à-dire le ratio entre le cours de l'action et le bénéfice net par action estimé pour les mois à venir) s'établit à 13,68 ;
- Le short interest (la proportion des actions de la société empruntées et vendues à découvert par des investisseurs pariant sur une baisse du cours) reste mesuré à 3,63 % du capital flottant ;
- Le nombre de fonds spéculatifs (hedge funds) positionnés sur le titre a légèrement diminué, passant de 34 à 32.
L'usine canadienne de Brampton au cœur des tensions
La trajectoire de redressement fait face à un blocage industriel majeur depuis la mi-août 2026, date à laquelle le syndicat canadien Unifor a été informé de la vente potentielle du site d'assemblage de Brampton, en Ontario. Cette usine, qui employait 2 200 salariés avant sa mise à l'arrêt pour restructuration, pâtit directement des tarifs douaniers américains imposés sur les marchandises canadiennes. La production du modèle Jeep Compass y a déjà été annulée et transférée vers une usine située dans l'Illinois.
« Stellantis a indiqué au syndicat que la décision concernant le site de Brampton était directement liée aux tarifs douaniers américains appliqués aux produits canadiens. »
Cette situation survient au moment où le contrat collectif entre l'entreprise et le syndicat Unifor arrive à échéance en septembre. Les discussions sont également compliquées par l'opposition du syndicat à un projet d'assemblage de véhicules électriques au Canada en partenariat avec le constructeur chinois Zhejiang Leapmotor. Pour maintenir sa dynamique, Stellantis devra faire en sorte que les bénéfices tirés de sa gamme de véhicules utilitaires Ram compensent les coûts de cette restructuration industrielle en Amérique du Nord.