Ormuz et la guerre en Iran rapportent 93 milliards de dollars aux géants du pétrole
La fermeture du détroit d'Ormuz a propulsé le cours du pétrole brut à près de 100 dollars le baril au deuxième trimestre 2026. Ce choc d'approvisionnement a permis aux huit plus grandes compagnies pétrolières mondiales de cumuler plus de 90 milliards de dollars de profits, relançant les débats sur la taxation des surprofits.
Fil « Tensions sur le détroit d’Ormuz »

Un choc d'offre majeur sur le marché du pétrole
La fermeture presque totale du détroit d'Ormuz (le bras de mer stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman par lequel transite une part majeure du brut mondial) a provoqué la plus grande perturbation d'approvisionnement en combustibles fossiles de l'histoire des marchés. À la suite de l'attaque américo-israélienne contre l'Iran et du conflit qui a suivi, le cours du Brent (la référence européenne du pétrole brut) est passé d'environ 68 dollars le baril fin février à des sommets proches de 100 dollars en mai.
### Des bénéfices trimestriels qui ont presque doubléCette envolée des cours a directement profité aux géants du secteur, dont les bénéfices combinés ont bondi de près de 50 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025 à plus de 90 milliards de dollars (précisément 93 milliards de dollars) sur la période d'avril à juin 2026. Huit producteurs majeurs tirent parti de cette hausse :
- Saudi Aramco : la compagnie nationale saoudienne a enregistré un bénéfice net trimestriel de plus de 33 milliards de dollars (+34 %), malgré les frappes de drones et de missiles de forces iraniennes et houthies sur ses installations.
- Chevron : la major américaine publie un résultat ajusté de 12 milliards de dollars, porté par l'amont (upstream, l'activité d'exploration et d'extraction) à hauteur de 8,2 milliards de dollars (+200 % sur un an).
- BP : la compagnie britannique dégagé un profit de 5,73 milliards de dollars sur le trimestre, soit près du double par rapport à l'an dernier.
- Les groupes TotalEnergies, ExxonMobil, Shell, Equinor et Eni complètent ce groupe de producteurs aux résultats records.
Ces résultats financiers ravives les discussions politiques autour de la windfall tax (une taxe exceptionnelle prélevée sur les bénéfices imprévus d'entreprises bénéficiant d'une crise sectorielle). Alors que les consommateurs subissent la hausse des factures d'énergie et de l'inflation (la hausse générale des prix), plusieurs dirigeants contestent ces niveaux de marge. Même le président américain Donald Trump a critiqué ExxonMobil et Chevron début août, estimant qu'elles gagnaient « trop d'argent » sur fond de pénurie d'offre.
### Ce qu'il faut retenir pour votre portefeuillePour l'épargnant investi en actions ou en ETF (fonds indiciels cotés qui répliquent un indice boursier), cette séquence montre la dépendance persistante de l'économie mondiale aux énergies fossiles. Si ces bénéfices records soutiennent la rentabilité des valeurs énergétiques à court terme, la hausse durable du pétrole fait peser un risque d'inflation persistant sur l'ensemble des marchés.
« Les bénéfices exorbitants de BP sont un rappel scandaleux de ceux qui ont encaissé des chèques sur la misère humaine cette année. » — Patrick Galey, responsable de l'ONG Global Witness
Voici un exemple de structure JSON modélisant ces données financières pour un suivi de portefeuille :
```json {