Le coût théorique de la sur-prudence des épargnants français
Préférer la sécurité des supports liquides aux marchés financiers a un coût. Selon une étude de la société de gestion J.P. Morgan AM, conserver ses disponibilités sur des placements garantis plutôt que sur les actions mondiales représente un manque à gagner virtuel de 394 milliards d'euros depuis 2020.
Fil « Étude JP Morgan AM sur le coût d'opportunité de l'épargne monétaire des ménages français »

394 milliards d’euros. C'est le manque à gagner théorique calculé par la société de gestion J.P. Morgan AM (Asset Management, la filiale de gestion d'actifs de la banque américaine) pour les ménages français entre 2020 et aujourd'hui. L'étude indique que 475 milliards d’euros ont été placés par les ménages sur des supports liquides (des placements à capital garanti et immédiatement disponibles comme le Livret A) sur cette période.
Le coût d'opportunité en chiffres
L'étude met en lumière le concept de coût d'opportunité (le manque à gagner potentiel engendré par le choix d'un placement plutôt qu'un autre). Si ces liquidités avaient été orientées vers les marchés d'actions mondiales, la valorisation globale aurait été nettement supérieure. Ce calcul repose sur les chiffres clés suivants :
- 475 milliards d’euros accumulés sur des placements prudents et liquides depuis 2020 ;
- 394 milliards d’euros de gains théoriques supplémentaires générés si ces sommes avaient été investies en actions mondialisées ;
- Un écart de performance creusé par la hausse des marchés boursiers sur la période récents.
Une simulation théorique à nuancer
Ce constat marquant doit cependant être analysé avec retenue. Il s'agit d'une simulation rétrospective (un calcul théorique basé sur le passé) qui ne reflète pas une perte réelle subie par les ménages.
« Le calcul frappe, mais il repose sur une simulation rétrospective qui ne mesure ni une perte réellement encaissée ni le rôle de l’épargne de précaution. »
L'arbitrage de l'allocation d'actifs
Ce type de modélisation ne prend pas en compte la nécessité pour chaque foyer de constituer une épargne de précaution (une réserve d'argent mobilisable immédiatement pour faire face aux dépenses imprévues). Pour un investisseur particulier, la gestion de patrimoine implique d'arbitrer entre la sécurité à court terme et la recherche de rendement à long terme pour compenser l'inflation (la baisse du pouvoir d'achat de la monnaie).
Pour la gestion d'un portefeuille ou d'un PEA (Plan d'Épargne en Actions, une enveloppe fiscale dédiée à l'investissement en actions européennes), cette étude rappelle l'impact d'un surdimensionnement des liquidités sur la performance globale d'un patrimoine à long terme, tout en soulignant l'importance de conserver un socle de sécurité.