SanDisk et Kioxia investissent 31 milliards de dollars dans leurs puces mémoire au Japon
Les deux spécialistes de la mémoire flash prévoient d'investir plus de 31 milliards de dollars d'ici 2032 pour moderniser leurs usines japonaises. Soutenue par l'essor de l'intelligence artificielle, cette expansion majeure s'inscrit dans un modèle financier qui préserve la trésorerie.
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Le groupe américain SanDisk (coté sur le marché boursier NASDAQ sous le symbole SNDK) et son partenaire industriel japonais Kioxia ont annoncé un vaste plan de modernisation. Les deux acteurs prévoient d'investir plus de 31 milliards de dollars d'ici 2032 dans leurs usines de Yokkaichi et Kitakami, situées au Japon. Ce montant représente environ 60 % des 50 milliards de dollars déjà investis par l'alliance au cours des 25 dernières années. Le déploiement effectif de ce programme reste toutefois suspendu à l'obtention de subventions du gouvernement japonais.
Une structure de coentreprise pour lisser l'effort financier
Cet investissement record ne signifie pas que SanDisk engagera seul cette somme. La production est gérée via Flash Ventures, une joint-venture (entreprise commune d'investissement partagé) détenue à 49,9 % par SanDisk et dont les murs appartiennent à Kioxia. Les deux entreprises se partagent équitablement les puces de mémoire NAND (technologie de stockage non volatile conservant les données hors tension).
Selon les accords en vigueur, SanDisk n'est tenue de financer qu'environ la moitié des dépenses d'équipement non couvertes par le flux de trésorerie opérationnel de la coentreprise. Les dépenses directes de SanDisk sont ainsi estimées à environ 1,3 milliard de dollars par an, avant l'aide de l'État japonais.
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Des dépenses maîtrisées au regard des revenus
Cette annonce a pu étonner alors que la direction mettait en avant une stratégie économe en capital, privilégiant les transitions nodales (amélioration de la densité de gravure des puces) plutôt que l'ajout de wafers (tranches de silicium brutes). Néanmoins, la direction a confirmé son objectif de limiter ses Capex (dépenses d'investissement en capital) à environ 6 % du chiffre d'affaires pour l'exercice 2027.
Cette enveloppe s'inscrit dans une forte croissance de l'activité :
- Chiffre d'affaires de l'exercice 2026 : 20,25 milliards de dollars (en hausse de 175 % sur un an).
- Prévisions pour le premier trimestre 2027 : entre 10,3 et 10,8 milliards de dollars.
« Nous développons l'offre principalement par des transitions nodales plutôt que par l'ajout de tranches de silicium », a souligné David Goeckeler, PDG de SanDisk.
Visibilité et valorisation sur le marché
Bien que la mémoire soit un secteur cyclique (sujet à d'importantes fluctuations de prix), l'essor du stockage lié à l'intelligence artificielle apporte un soutien inédit. SanDisk a verrouillé des contrats pluriannuels avec 8 clients majeurs, couvrant la moitié de ses volumes prévus pour 2027 et garantissant un montant minimal de 93,9 milliards de dollars.
Le titre s'échangeait récemment autour de 1 485 dollars, marquant un repli de 37 % par rapport à son sommet de juin. À ce niveau de cours, la valeur se négocie à environ 7 fois les bénéfices futurs anticipés (estimation des résultats financiers sur les 12 prochains mois), reflétant la prudence des marchés quant à la durée du cycle actuel.