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L’or reste haut, entre tension au détroit d’Ormuz et pari sur une Fed moins dure

Le métal jaune reste proche de son plus haut niveau depuis sept semaines, porté à la fois par l’incertitude géopolitique au Moyen-Orient et par un changement rapide des attentes de marché sur la banque centrale américaine. Pour un épargnant, le sujet n’est pas seulement le prix de l’or : c’est le lien entre inflation, taux d’intérêt et actifs refuges qui redevient central.

Fil « Gold steady near 7-wk highs as traders weigh Iran uncertainty, Fed outlook »

L’or a légèrement progressé lundi 10 août, après avoir touché vendredi son plus haut niveau depuis le 17 juin. Selon Reuters, relayé par Investing.com, l’once d’or au comptant (prix immédiat du métal, par opposition au contrat à terme) montait de 0,3 % à 4 354,51 dollars, tandis que le contrat à terme américain gagnait aussi 0,3 % à 4 414,40 dollars en début de séance américaine. Le marché attend surtout les prochains chiffres d’inflation aux États-Unis, avec l’indice des prix à la consommation (mesure de l’évolution des prix payés par les ménages) prévu le mercredi 12 août 2026 à 8 h 30, heure de l’Est, puis l’indice des prix à la production (mesure des prix facturés par les producteurs) le jeudi 13 août 2026 à 8 h 30. (investing.com)

Ce qui a changé : le marché ne voit plus la Fed de la même façon

Le déclencheur immédiat vient de l’emploi américain. L’article indique que les prix de l’or ont accéléré après des chiffres montrant que l’économie américaine a détruit des emplois en juillet et que les créations des mois précédents ont été fortement révisées à la baisse. Dans la foulée, les investisseurs ont réduit leurs anticipations de hausse de taux par la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis. Reuters écrit même que, sur les marchés à terme, la probabilité d’une hausse lors de la réunion des 15 et 16 septembre 2026 est retombée sous 50 %, alors qu’elle était auparavant au-dessus de ce seuil. Pour l’or, c’est un point clé : quand les taux montent moins que prévu, le coût d’opportunité de détenir un actif sans coupon ni dividende baisse, ce qui soutient mécaniquement le métal. (investing.com)

L’autre moteur : le risque géopolitique et le pétrole

Le second soutien vient du Moyen-Orient. D’après l’article source, l’Iran a dit se rapprocher d’un accord final avec Oman pour mettre en place de nouvelles voies maritimes dans le détroit d’Ormuz, tout en ajoutant que Washington devait encore remplir plusieurs conditions avant une réouverture complète de cette zone stratégique. Ce point compte bien au-delà du marché de l’or : le détroit d’Ormuz est un passage majeur pour les flux pétroliers mondiaux, et toute incertitude sur son fonctionnement influence directement le prix du brut, puis indirectement les anticipations d’inflation. L’article note d’ailleurs que la remontée du pétrole complique la lecture du marché : elle soutient la demande d’actifs refuges comme l’or, mais elle peut aussi raviver l’inflation et donc limiter la marge de manœuvre de la Fed. (investing.com)

Ce que cela change pour un portefeuille de long terme

Pour un investisseur en ETF et grandes capitalisations, le message utile est moins “l’or monte” que “les marchés rebranchent simultanément le risque géopolitique et le risque de politique monétaire”. C’est un changement de décor important, parce qu’il agit sur plusieurs classes d’actifs en même temps :

  • l’or bénéficie de son statut de valeur refuge (actif recherché quand l’incertitude augmente) ;
  • les obligations d’État peuvent remonter si le marché parie sur une Fed moins agressive, ce qui fait baisser leurs rendements ;
  • le pétrole reste sensible à la situation d’Ormuz, avec un effet direct sur l’énergie et donc sur l’inflation ;
  • les actions doivent composer avec deux forces contraires : des taux potentiellement moins durs, mais aussi un risque macroéconomique plus élevé. (investing.com)

Autrement dit, le sujet du jour n’est pas une simple variation de séance sur une matière première. C’est la réapparition d’un enchaînement très concret pour l’épargnant : emploi plus faible → Fed potentiellement moins restrictive → soutien à l’or, mais aussi tension énergétique → inflation potentiellement plus tenace → arbitrage plus délicat pour la banque centrale. Tant que les chiffres d’inflation américains des 12 et 13 août 2026 ne sont pas publiés, ce double scénario reste ouvert. C’est lui, plus que le bruit quotidien du marché, qu’il faut suivre pour comprendre la suite sur les ETF actions, les fonds obligataires et les actifs liés aux matières premières. (investing.com)