Centres de données : la vague d'introductions en Bourse s'accélère face aux besoins de l'IA
Après plusieurs années de rachats massifs par le capital-privé, les exploitants de centres de données réinvestissent les marchés boursiers. Pour financer la croissance exponentielle des infrastructures cloud et de l'intelligence artificielle, les entreprises multiplient les projets de cotation afin de diversifier leurs sources de capital.
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Du retrait de la cote au retour massif sur les marchés
Il y a quatre ans, le secteur des centres de données quittait progressivement les marchés financiers. Après le rachat de QTS par le fonds Blackstone pour 10 milliards de dollars en 2021, une série de retraits de la cote (achat de toutes les actions publiques pour sortir une entreprise de la Bourse) avait emporté des acteurs majeurs comme CyrusOne, CoreSite et Switch. En 2022, le secteur ne comptait plus que deux entreprises cotées.
La tendance s'est aujourd'hui inversée. Au cours des douze derniers mois, près d'une douzaine d'entreprises du secteur ont réalisé leur IPO (Initial Public Offering, l'introduction en Bourse initiale), ont déposé un dossier ou étudient une cotation. Les opérations récentes incluent Blackstone Digital Infrastructure Trust, le fournisseur de colocation (hébergement d'équipements informatiques pour plusieurs clients) Csquare adossé à Brookfield, ou encore la startup Fermi.
Une diversité de modèles pour capturer le capital
Le mouvement concerne aussi bien des acteurs historiques que de jeunes pousse du secteur :
- Switch et la société singapourienne DayOne ont déposé des dossiers d'IPO confidentiels.
- SB Energy, soutenue par SoftBank, vise une valorisation de plus de 50 milliards de dollars alors qu'elle développe son premier campus.
- Nscale, spécialiste des centres de données pour l'IA (intelligence artificielle), prépare sa cotation.
- Les géants Vantage Data Centers, CyrusOne, DataBank, EdgeCore et le gestionnaire d'actifs Blue Owl étudient également une entrée sur les marchés publics.
"Les besoins en capital pour construire des centres de données deviennent si importants que tout le monde fait preuve de créativité pour trouver de nouvelles façons d'attirer des capitaux." — David Guarino, responsable de la recherche chez Green Street.
Des besoins de financement chiffrés en milliers de milliards
Ce retour vers la Bourse répond au coût gigantesque du déploiement des infrastructures d'IA, chiffré en milliers de milliards de dollars. Les campus dits hyperscale (infrastructures géantes conçues pour répondre aux besoins colossaux des géants du numérique comme Amazon, Microsoft ou Google) nécessitent des années d'investissement avant de générer des revenus réguliers.
Les fonds de private equity (capital-investissement non coté) qui ont financé l'expansion de la filière arrivent au terme de leur cycle d'investissement et cherchent des fenêtres de sortie. En parallèle, les opérateurs cherchent à monetiser leurs projets achevés pour réinvestir dans la construction de nouveaux sites. Ils s'appuient notamment sur des REIT (Real Estate Investment Trust, des sociétés d'investissement immobilier cotées qui redistribuent une grande partie de leurs loyers aux actionnaires).
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Le gestionnaire d'actifs Blue Owl prévoit ainsi de lancer un REIT coté apportant environ 6,5 milliards de dollars de centres de données stabilisés. Cette structure offre aux investisseurs boursiers des flux de trésorerie prévisibles, tout en libérant des liquidités pour relancer de nouveaux projets de construction.