← L'édition
BourseNouveau3 min de lecture

Emploi américain solide : Wall Street recule face aux craintes de hausse des taux de la Fed

La publication d'un rapport sur l'emploi nettement plus fort que prévu aux États-Unis relance les anticipations de hausse des taux par la Réserve fédérale. Les indices américains ont clôturé dans le rouge vendredi, tandis que les rendements obligataires se sont à nouveau tendus.

Fil « Tension sur les taux américains après les chiffres solides de l'emploi »

Illustration de l'article — abcbourse.com
Image : abcbourse.com

Un marché du travail plus vigoureux que prévu

La Bourse de New York a clôturé en baisse à la suite de la publication du rapport mensuel sur l'emploi aux États-Unis. Le département américain du Travail a recensé 162 000 créations nettes de postes pour le mois d'août, un chiffre largement supérieur aux 55 000 anticipées en moyenne par les économistes. De plus, les données des deux mois précédents ont été révisées à la hausse de 52 000 emplois supplémentaires, tirées par la restauration et l'industrie. Le taux de chômage s'est quant à lui maintenu à 4,1 %, contre 4,2 % attendu.

Vers un durcissement de la Réserve fédérale ?

Cette solidité de l'emploi ravive la crainte d'un relèvement des taux directeurs (les taux d'intérêt fixés par la banque centrale pour réguler l'activité) par la Fed (la Réserve fédérale américaine). Ces données s'ajoutent à l'accélération de l'activité dans les services et à la forte hausse des prix payés par les entreprises selon l'ISM (un indice mesurant la santé du secteur économique). Alors que le gouverneur Christopher Waller avait temporairement apaisé les marchés par un discours optimiste sur la désinflation (le ralentissement de la hausse des prix), la dépendance aux statistiques d'août remet une hausse des taux sur le devant de la scène.

Selon l'outil FedWatch du CME (un baromètre mesurant les anticipations des investisseurs sur les décisions de la banque centrale), la probabilité d'un relèvement des taux d'un quart de point lors de la réunion des 15 et 16 septembre est montée à plus de 58 %, contre 49 % la veille.

Pression sur les indices et hausse des taux obligataires

Ce regain de tension sur la politique monétaire a pesé sur les indices boursiers américains :

  • Le Dow Jones (l'indice des 30 grandes valeurs industrielles) abandonne 0,5 % à 53 414,25 points.
  • Le S&P 500 (l'indice de référence représentatif des 500 plus grandes sociétés) cède 0,4 % à 7 718,60 points.
  • Le Nasdaq (l'indice à forte concentration technologique) recule de 0,3 % à 26 506,99 points.

Sur le marché obligataire (le marché où s'échangent les titres de dette des États), les rendements se sont ajustés immédiatement. Le taux des emprunts du Trésor américain à 10 ans a progressé de 2 points de base (soit 0,02 point de pourcentage) pour atteindre 4,78 %. Le rendement à 2 ans, particulièrement sensible aux décisions de la banque centrale, a grimpé de 4 points de base à 4,377 %.

Maintien des tensions sur l'énergie et le dollar

En parallèle, les investisseurs surveillent la situation au Moyen-Orient. Le pétrole brut WTI (le pétrole léger de référence coté à New York) pour livraison en octobre a fini quasi stable à 91,30 dollars le baril, conservant ses sommets depuis juillet. Du côté des devises, le billet vert s'est apprécié : l'indice DXY (qui mesure la valeur du dollar face à un panier de devises internationales) a gagné 0,2 % à 99,07 points.