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Le modèle de valorisation de la Fed retrouve-t-il sa pertinence

Longtemps délaissé par les intervenants de marché, le modèle de valorisation développé par la Réserve fédérale américaine suscite de nouveau l'attention. Cet outil compare directement le rendement des bénéfices des actions à celui des obligations d'État.

Fil « Analyse de la pertinence du modèle de valorisation des actions de la Fed »

Le marché financier s'interroge sur la validité retrouvée du modèle de la Fed (Fed model, cadre théorique d'évaluation boursière de la banque centrale américaine). Cet indicateur compare le rendement des bénéfices des entreprises (earnings yield, à savoir le bénéfice par action divisé par le cours de bourse) au rendement des obligations d'État (titres de dette émis par un gouvernement).

Cette grille d'analyse vise à déterminer si le marché des actions est surévalué ou sous-évalué par rapport aux placements obligataires. Durant les périodes de taux d'intérêt très bas, cette comparaison s'était avérée moins lisible. Le retour de taux d'intérêt plus élevés réinterroge aujourd'hui la pertinence de ce modèle pour évaluer l'arbitrage entre le risque des actions et la sécurité relative des emprunts d'État.

Le mécanisme de comparaison inter-actifs

L'analyse s'appuie sur le différentiel entre deux marchés majeurs :

  • Le rendement théorique des actions, issu de leurs bénéfices actuels ou anticipés ;
  • Le rendement des obligations d'État à 10 ans, servant de niveau de référence pour un placement réputé sans risque d'impayé.

Lorsque le rendement des actions dépasse nettement celui des obligations, les actions sont théoriquement considérées comme bon marché. Si l'écart se réduit fortement, l'intérêt d'exposer son capital au risque des marchés d'actions diminue par rapport au rendement offert par la dette souveraine.

Quelle lecture pour l'investisseur individuel

Pour un épargnant détenant des lignes en direct ou des ETF (Exchange Traded Funds, fonds indiciels cotés en bourse), cette réflexion permet de comprendre les mouvements de capitaux entre les grandes classes d'actifs. Il s'agit d'un indicateur macroéconomique global qui aide à situer le niveau de valorisation des marchés, sans constituer une prévision de cours.